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La Russie de Poutine: la conviction de la supériorité d’un peuple / Putins Russland: Ideologie vom überlegenen Volk

Ma passion pour les langues allemande et française se traduit par une autre traduction. Cette fois, il s’agit d’une chronique de S.P.O.N. – Der Schwartze Kanal, de Jan Fleischhauer de Spiegel Online. Il s’agit d’une analyse révélatrice sur le discours fasciste de Vladimir Poutine.

Voici le lien pour l’article original : http://www.spiegel.de/politik/ausland/putins-russland-ideologie-vom-ueberlegenen-volk-von-jan-fleischhauer-a-967115.html

Vladimir Poutine, successeur idéologique des leaders soviétiques? Absurde. Quiconque lit les discours du président russe doit reconnaître que ses références idéologiques se trouvent dans le fascisme.

Pour comprendre Vladimir Poutine, on doit l’écouter. On doit savoir ce qu’il veut et, plus encore, ce contre quoi il lutte. Les aversions et les peurs d’un politicien en révèlent plus que ses intentions et ses promesses.

Mais qu’est-ce qui agite Poutine ainsi? Le thème central de chaque discours est l’encerclement, la menace de puissances qui, terrifiées par la force intérieure du peuple russe, voudraient empêcher son épanouissement. « Ils essaient constamment de nous mettre au rancart parce que nous nommons les choses par leur nom et que nous ne sommes pas hypocrites », déclarait-il en mars lors d’un discours devant les représentants de la Douma. « Il se trouve assez de puissances dans le monde qui craignent notre force, notre grandeur. C’est pourquoi ils essaient de nous diviser. »

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Poutine est très malin / Putin ist sehr klug

J’ai effectué la traduction du texte suivant de l’allemand vers le français pour le plaisir de l’exercice et puisqu’il nous permet d’obtenir le point de vue pertinent d’une personne compétente, qui vit en Russie et est originaire de l’Ukraine, sur la situation géopolitique actuelle de cette région du monde. Il s’agit d’une entrevue accordée au magazine allemand Das Magazin par Ludmilla Alexeieva, dissidente russe renommée et activiste des droits de l’homme en Russie depuis plus de 50 ans.

Voici le lien vers le site Web et l’article original: http://blog.dasmagazin.ch/2014/03/28/putin-ist-sehr-klug/

Bonne lecture!

 

DAS MAGAZIN

Tiré du numéro du 28 mars 2014

LES VIEUX MAÎTRES
— II —
LUDMILLA ALEXEIEVA

« Oui, les Russes ont à cœur l’Ukraine. C’est précisément pourquoi se jeter sur elle était pervers. » Ces propos sans ambiguïté sont ceux de la célèbre militante russe des droits de l’homme Ludmilla Alexeieva.

Entrevue : Mathias Plüss

 

C’est la mi-mars, l’atmosphère est désagréable à Moscou. La propagande roule à un train d’enfer. Des sites critiques du gouvernement se voient retirés du Web,  des créateurs font circuler des pétitions à l’appui de la politique de Poutine envers l’Ukraine, même le petit chien de « Guetnachtgschichtli »[i] se prépare au combat.

Mais on est loin d’un consensus. Nous avons rendu visite à Ludmilla Alexeieva, pour qui l’attitude du gouvernement n’a pas de secret. C’est à deux reprises qu’elle nous reçoit dans son appartement moscovite de la rue Arbat. À 86 ans, elle est toujours aussi intrépide. Ses rires et ses grands gestes ponctuent l’entretien, et elle vient plus d’une fois au bord des larmes. Elle sait aussi se faire entendre.

Alexeieva s’investit pour les droits de l’homme en Russie depuis près de 60 ans; autant pour des amis que pour des inconnus, victimes d’injustices. En 1976, elle était l’une des dissidentes les plus connues et se trouvait parmi les fondateurs du Groupe Helsinki de Moscou, qui documentait et dénonçait les atteintes aux droits de l’homme en Union soviétique. Alexeieva est revenue en Russie en 1993, à la suite d’un exil forcé au cours duquel elle a produit un ouvrage détaillé sur l’histoire de la dissidence. Elle s’est de nouveau engagée auprès du Groupe Helsinki et en est la présidente depuis 1996. Elle a été maintes fois en lice pour le prix Nobel de la paix.

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Je ne comprends pas la gauche / Ich verstehe die Linke nicht

Le texte qui suit est une traduction d’un article de M. Harald Martenstein, paru dans l’excellent journal allemand «Der Tagesspiegel».
En plus de mon diplôme en littérature, j’en possède aussi un en traduction. Une autre raison d’écrire. Vos commentaires sont les bienvenus.

La Russie, l’Ukraine et la gauche

 « Je ne comprends pas la gauche. »

23 mars 2014, 19h23 par Harald Martenstein

Que signifie « la gauche » de nos jours, se questionne Harald Martenstein? Certainement, ça n’a que bien peu à voir avec la démocratie. Qu’ont Poutine et Ianoukovitch de si bon, de si socialiste et de tellement avant-gardiste pour les gauchistes?

Je constate avec un certain trouble l’assez grande acceptation de nombreux gauchistes pour les positions politiques de Vladimir Poutine dans la crise de Crimée. En contrepartie, la position des pays occidentaux est vivement critiquée. Les Russes ne viennent-ils pas de prendre possession d’une portion d’un autre pays ou est-ce que je me trompe ? Et qu’on ne vienne pas me parler du référendum en Crimée, l’opposition n’avait même pas le droit d’installer des affiches.

J’aimerais bien voir ce qui se passerait si aux prochaines élections, les partis de  gauche n’avaient pas le droit d’installer des affiches ni de produire des publicités pour la télévision.

Mon opinion : vous déclareriez ces élections illégales.

Qui plus est, si la Russie a le droit d’annexer l’Ukraine, l’Autriche a aussi le droit d’occuper le Tyrol du Sud. Parvenir à une majorité pour l’annexion par voie de référendum, même un vrai, ne devrait pas y poser problème. D’ailleurs, autrefois, Hitler a brisé la Tchécoslovaquie et envahi les Sudètes grâce aux mêmes arguments que Poutine utilise aujourd’hui. Les habitants s’étaient  montrés enthousiastes.

Que signifie aujourd’hui « la gauche » ? Faire respecter la démocratie ne semble pas en faire partie. Il est difficile d’ignorer que la Russie de Poutine est une dictature. Contrairement à l’ex-Union soviétique, cette dictature-ci ne se drape même pas des couleurs du socialisme. Votre haine de l’OTAN et des États-Unis est-elle si grande que vous êtes prêts à laisser agir n’importe quel despote ou impérialiste sous prétexte que son discours s’attaque aux É.-U. ?

Le journal «Junge Welt» prétend que l’Ukraine serait dirigée par des « putschistes ». Enfin, je crois que si les Ukrainiens avaient eu la possibilité de choisir leur gouvernement de manière légale et ordonnée, ils l’auraient fait avec plaisir. Ils se seraient bien passés de se faire battre et de se faire tuer. Lorsque l’injustice devient loi, la résistance est un devoir. Vous connaissez ces paroles. Un peuple doit-il se soulever contre un despote uniquement pour aboutir à un régime antioccidental, selon vous ? Les partisans de la gauche seraient-ils donc pour la révolution seulement si le résultat est une dictature ou une oligarchie corrompue ? Faut-il s’assurer qu’aucune démocratie avec liberté d’opinion et droits civils n’apparaisse après une révolution ? Je ne vous comprends pas. Que trouvez-vous chez Poutine et Ianoukovitch de si bon, de si socialiste et de tellement avant-gardiste ? La haine des gays ? Les procès de pacotille contre des opposants ? La censure ? Les journalistes assassinés ?

 

Voici le lien de l’article original : http://www.tagesspiegel.de/meinung/russland-die-ukraine-und-die-linkspartei-ich-verstehe-die-linke-nicht/9656684.html