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Frère

Le mauvais rôle toujours on me donne

Les pires intentions également on me prête

Mais la vérité à l’ignorer vous persistez

C’est ainsi que l’on m’a créé

 

Vous me tournez le dos pour ne voir que votre ombre

Pourtant votre miroir je suis, étincelant

Porteur de la lumière on a fait ma mission

Si seulement vous pouviez vous voir tout autant

 

Votre ennemi je ne suis pas et pourtant

Vous me traitez comme tel

Oui je suis votre frère

Mon nom est Lucifer

 

 


Unité

Après un long chemin de plusieurs années, un homme se dirigeait vers une place publique. Il avait choisi un chemin qui le plaçait toujours dos au soleil dans sa démarche. Une femme lui proposa de couvrir ses épaules brûlées de pommade. Celui-ci lui répondit sèchement qu’il n’avait pas de temps à perdre et qu’il la soupçonnait de vouloir lui quémander quelques sous. Et il poursuivi son chemin.

D’une autre direction, un deuxième homme se dirigeait vers le même endroit. Celui-là avait le visage rouge et avait du mal à voir devant lui, car il prenait toujours une route face à la lumière du jour. Ainsi, croyant que quelqu’un venait l’aider à traverser la rue, il ne reconnut pas le voleur qui se précipitait sur sa besace pour s’enfuir avec sa maigre pitance.

Un troisième, un enseignant, le dos bien droit, s’approchait des lieux d’une démarche de funambule, bien en équilibre, et comme la Lune, un côté constamment éclairé et l’autre dans les ténèbres. Personne n’osait s’approcher de crainte de le faire tomber et de se faire faire la leçon.

Avec joie et insouciance, un quatrième se présenta en dansant sur son chemin, allant d’un côté comme de l’autre, virevoltant et faisant des pirouettes. Ce garçon, lui, avait un beau teint doré bien égal de tous côtés. Certains lui criaient des bêtises, lui intimant de regarder devant lui, alors que d’autres le secoururent lorsqu’il s’effondra, étourdi.

Et au centre, un dernier les attendait patiemment, assis en tailleur, l’air serein. Lorsqu’ils furent arrivés auprès de lui, il leur demanda comment s’était déroulé leur périple.

L’homme au dos brûlé se plaignit : « J’ai dû surmonter d’innombrables difficultés et affronter de terribles dangers. Les gens que j’ai croisés étaient méchants.

– Normal, tu n’as vu que ton ombre tout au long de la route. »

Celui aux yeux éblouis par le soleil dit avec amertume : « Moi, on m’a trompé et tout dérobé. Je croyais que les gens était bons.

– Normal, tu étais aveuglé. »

L’enseignant, lui, lâcha tristement : « En ce qui me concerne, la route a été sans encombres et pas trop rude, mais ennuyeuse. On m’a respecté, mais jamais aimé.

– Normal, il faut se relâcher un peu. »

Quant au jeune homme qui reprenait ses esprits. « La route a été amusante. Je me suis amusé de tout : du mauvais comme du bon. Même mon travail était agréable. » Il ajouta d’un trait : « Mais ça s’est passé si vite ! J’aurais aimé que ce soit plus long.

– Normal, il faut un peu de modération.

– Mais toi, qu’as-tu fait pendant ce temps? lui demandèrent-ils à l’unisson.

– Je vous ai observés à distance et ai profité de vos expériences. Ce qui me permet maintenant de pouvoir guider ceux qui suivront.

– Et comment peut-on atteindre ton état, toi qui paraît si serein ? s’ enquirent-ils.

À l’ombrageux, il dit : « Accepte l’amour qu’on te donne. »

À l’ébloui, il conseilla : « Reconnais l’ombre en toi. »

À l’enseignant, il recommanda : « Amuse-toi. »

Et à l’insouciant, il proposa : « Savoure l’instant. »

Et chacun reparti en empruntant un nouveau chemin.


Roman gratuit

Mon premier roman, Les boucles quantiques ou Là où commence le ciel, s’est retrouvé en magasin en 2006. Reçu par la critique comme roman de quête initiatique, on l’avait recommandé comme lecture de vacances, quand on se prélasse a l’abri d’une ombrelle sur la plage. Et voici que 13 ans se sont écoulés depuis sa sortie sur les tablettes des librairies. Quand je le revisite aujourd’hui, je réalise, avec un désarroi qu’un sourire en coin vient adoucir, que je manquais de maturité et que je n’avais trouvé ni ma voix ni mon chemin. Mais beaucoup d’encre a coulé des cartouches d’imprimante, ou devrais-je dire: d’innombrables pixels ont noirci les écrans depuis.

Et m’y voici enfin.

Avec mon projet de contes Les histoires délirantes, je peux affirmer que si ce n’est pas là la destination finale de mes élucubrations esthétiques, je suis au moins en chemin. Une route que j’espère aussi longue et merveilleuse que possible.
Sachez que la maison d’édition, Éditions Le Navire, n’existe plus, et que donc, la version imprimée avec première et quatrième de couverture est épuisée et introuvable.
Et puisque moi et ma plume avons repris notre envol pour explorer de nouveaux univers à travers le conte et la nouvelle, le voici disponible gratuitement en version électronique. Son titre actuel,
Un arbre dans le désert, représente plus, selon moi, l’essence de l’histoire.
Enfin, vous êtes libres d’ajouter vos critiques et commentaires sur cette page. Aussi, vous êtes libre de le partager. Pour télécharger le livre, cliquez sur le titre (lien) en dessous.
Bonne lecture!

P.S. Ah, oui, j’oubliais, l’histoire met en scène un jeune homme qui part à la recherche de son père qu’il croyait mort. Ce dernier laisse des lettres à son fils à travers le monde, que celui-ci doit trouver dans sa quête et à travers lesquelles il apprend à le connaître. Mais il est pourchassé par des agents gouvernementaux d’une société secrète d’agents psy qui veulent mettre la main sur le mystérieux fugitif qu’est son père.

Un arbre dans le désert

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Rideau !

Une pensée s’attarde sur une mémoire diffuse, alors que les souvenirs épars qui la désertent me font un clin d’oeil. Ainsi, je me détourne enfin du spectacle de nos vies falsifiées, desquelles on se grise comme on prend un cachet; et mon costume se rend sommeiller sur son cintre, comme une relique dans son sépulcre.

L’acteur jamais n’observe la tombée du rideau. Son tableau est celui de nos regards désireux d’existences admirables et de destins fabuleux.

Et en libérant la scène trépidante, complet et entier des émois beaux et tristes qui composent mon script, m’ont nourri et drogué, c’est sur l’assistance que je pose ma prunelle et que je me prosterne, ébahi de beauté.


Retour

Nous courrons, éperdus, derrière des œuvres en fuite
À chaque instant peintes par une volonté inconnue
Notre fugue à travers les âges arrive à son terme
Et l’artiste se rappelle une époque où il fut créé

Dans les bras de nos mémoires célestes nous accourrons
Animés du désir d’être plus que soi
Dépasser les bornes dans le délice de nos créations

Un navire mouille à quai où nous voulons monter
Pour entendre la mer dans un nautile

Et nous fusionnons dans l’écume


Le Corbeau et le Renard, suite et fin

Maître Renard, sur le sol allongé

Dégustait son gain de fromage.

Maître Corbeau, par-dessus lui penché,

Lui fit à peu près se présage :

Oh dites donc, Monsieur du Renard,

Votre poil est si dru et semble tellement soyeux

Il faut fuir ! Si votre figure

Résulte de tout ce chantage,

Vous encourez les rixes, les chasseurs aux abois.

À ces mots, le Renard ne se sent plus d’effroi,

Et pour contrer l’affreux trépas,

Il se relève sec, s’enfuyant dans les bois.

Le Corbeau, qui le suit, lui dit : pauvre monsieur

Sachez qu’un beau parleur

Rencontre l’ennui un jour sur sa route.

Cela vous coûtera le pelage sans doute.

Le Renard, effrayé et perdu

Regretta un peu tard, car il fut abattu.


Le crocodile et l’écureuil – fable

Par un beau jour récent, en dissertant bien fort
Sur leurs dirigeants et leurs frasques innombrables
Maître crocodile et l’écureuil son ami 
Montèrent un peu le ton, chacun en pris ombrage
Tous les bons habitants de leur noble contrée
Tout en émoi étaient de les voir si fâchés
Ils sont d’ordinaire si amusants à entendre
Chantaient les uns aux autres, piaillaient les autres aux uns
Aurons-nous le bonheur de les voir à nouveau
Rouspéter de bon cœur, s’indigner follement?
Heureusement pour eux, les maîtres du pays
À tant de crimes et de bêtises se livraient
Que les deux vieux amis durent se concerter
Maître écureuil dit à maître crocodile :
Voyez comme ceux-là, se vautrant dans la fange,
À nous raccommoder, nous simplifient la tâche
C’est là notre devoir de les garder à l’œil
Ensemble, le bon peuple, de tenir informé
Maître crocodile à l’écureuil rétorqua :
Mon bon ami sans vous, je dois le reconnaître
L’ennui me met à mal plus que nos dominants
Et d’une seule voix, à la joie du public
Les compères levant leurs chopes déclarèrent :
Quelles que soient nos diverses, sagaces opinions
Comme il y a tant à dire et que le vin est bon
Encore et pour longtemps nous fraterniserons


Ennui et volupté

J’ai fait la guerre à l’ennui
Pourfendu l’isolement
À grands coup de bassin
À grands coups de gueule
À grands coups de narines
Aspiré le plaisir

Molly m’a accompagné
M’a offert de tendres baisers
Extasié mon corps, épanoui
J’ai dansé sur la piste
Et sur l’étroite ligne
En équilibre sur l’indicible
Désirs assouvis et mirages entraînants

Des amants aux multiples visages
Ont dansé sur mon cœur
Sur mes sens
On fait pulser mon sexe ensorcelé
Je les ai remplis de moi
Pour cacher mon néant
Pour oublier l’esseulé
Qui se cache entre mes côtes
Oiseau terrifié
Par la grandeur du ciel
Ce vide affamé de battements d’ailes


Eros et Thanatos

Qui m’observe à travers ces yeux déments

Ce sont ces cadavres qui s’ignorent encore

Formes putrides en devenir

Une étincelle embrase mon corps empli de désir

Je regarde ces formes

Volupté indicible

À pas feutrés dans la nuit

Et le jour aussi

Ce qui bouge et frétille

Profiter de cette beauté ces caresses

Bientôt fanées et repoussantes

En cet instant si désirables

Et la folie s’empare de mon bassin

De mon esprit embrumé par cette ale

Foncé comme mon âme engluée

Dans ces explosions de sperme frelaté


Essence de l’être

Je suis l’onde et la particule. Je suis la ligne et le point. Celle qui se meut comme un serpent de désir. Celui qui paraît comme le soleil à l’aurore. Je suis celui que vous voulez que je sois. Je suis tel que vous m’imaginez. Et surtout,  tel que je me vois. Je vous pense aussi vous figurer qui je suis. En fait, je suis le résultat de tout ce qui est notre pensée commune.

Épuisé de tant d’existence. Sans répit. L’amour me saoule de ses abrutissements. Toujours fuyant. Au fond, qu’ai-je à offrir sinon un soupir ? Car je suis le vent. Celui qui rugit en silence, écorche les forêts, soulève les lacs et détourne les rivières. Celui qui naît dans ce souffle court et profond de celui qui s’ennuie. Et je deviens force sauvage sous les ailes du papillon qui me pousse et m’envoie à l’autre bout du monde pour devenir ouragan.

On me donnera un nom, comme si j’existais, pour me donner constance. Éphémère, pourtant, je suis. Les dégâts dans le sillage de mon chemin de vie sont considérables. Mais rien ne saurait se comparer à l’immense vide qui est mon noyau, ce trou noir qui s’aspire lui-même, éternellement, pour renaître constamment, pour s’ennuyer de la présence d’un autre vide.

Je suis l’onde et la particule. Je me comporte différemment selon que l’on m’observe ou non. Pourtant, vos attentes sont les miennes.  Au final et pour toujours, celui qu’on dévisage crée-t-il les yeux qui le regardent ?