Archives de catégorie : Prose poétique

L’inommable

Le frisson m’étreint et s’éternise sur ma poitrine Angoisse
Il s’y fait une place et se fond en mon sein
Les personnages de mes lubies oniriques
remplacent cet effroi de solitude
Et enfin je peux poser mes yeux
Sur l’impensable étoile
Plus puissante que nos frayeurs
Et éternelle amie


Génération X

Dans les arbres de nos jeunesses

Nos souvenirs sont des cabanes

Un soupir face à ce vent

Porte les saveurs de nos baisers

Et les parfums de glaces partagées

Ce sont de méandreux refuges

Aux douces blessures du cœur

Revisitées sur pellicule

Ces chauds rubans Super 8

Qui sourient à travers le temps

Et nous rappellent en ronronnant

Chasses aux trésors rafistolés

Sublime époque privilégiée

Alors que nous fuyions la Terre

Dans le carton de nos fusées


Rideau !

Une pensée s’attarde sur une mémoire diffuse, alors que les souvenirs épars qui la désertent me font un clin d’oeil. Ainsi, je me détourne enfin du spectacle de nos vies falsifiées, desquelles on se grise comme on prend un cachet; et mon costume se rend sommeiller sur son cintre, comme une relique dans son sépulcre.

L’acteur jamais n’observe la tombée du rideau. Son tableau est celui de nos regards désireux d’existences admirables et de destins fabuleux.

Et en libérant la scène trépidante, complet et entier des émois beaux et tristes qui composent mon script, m’ont nourri et drogué, c’est sur l’assistance que je pose ma prunelle et que je me prosterne, ébahi de beauté.


Retour

Nous courrons, éperdus, derrière des œuvres en fuite
À chaque instant peintes par une volonté inconnue
Notre fugue à travers les âges arrive à son terme
Et l’artiste se rappelle une époque où il fut créé

Dans les bras de nos mémoires célestes nous accourrons
Animés du désir d’être plus que soi
Dépasser les bornes dans le délice de nos créations

Un navire mouille à quai où nous voulons monter
Pour entendre la mer dans un nautile

Et nous fusionnons dans l’écume


Essence de l’être

Je suis l’onde et la particule. Je suis la ligne et le point. Celle qui se meut comme un serpent de désir. Celui qui paraît comme le soleil à l’aurore. Je suis celui que vous voulez que je sois. Je suis tel que vous m’imaginez. Et surtout,  tel que je me vois. Je vous pense aussi vous figurer qui je suis. En fait, je suis le résultat de tout ce qui est notre pensée commune.

Épuisé de tant d’existence. Sans répit. L’amour me saoule de ses abrutissements. Toujours fuyant. Au fond, qu’ai-je à offrir sinon un soupir ? Car je suis le vent. Celui qui rugit en silence, écorche les forêts, soulève les lacs et détourne les rivières. Celui qui naît dans ce souffle court et profond de celui qui s’ennuie. Et je deviens force sauvage sous les ailes du papillon qui me pousse et m’envoie à l’autre bout du monde pour devenir ouragan.

On me donnera un nom, comme si j’existais, pour me donner constance. Éphémère, pourtant, je suis. Les dégâts dans le sillage de mon chemin de vie sont considérables. Mais rien ne saurait se comparer à l’immense vide qui est mon noyau, ce trou noir qui s’aspire lui-même, éternellement, pour renaître constamment, pour s’ennuyer de la présence d’un autre vide.

Je suis l’onde et la particule. Je me comporte différemment selon que l’on m’observe ou non. Pourtant, vos attentes sont les miennes.  Au final et pour toujours, celui qu’on dévisage crée-t-il les yeux qui le regardent ?

 


Déclaration du penseur

Déclaration du penseur

Je veux vivre dans un monde de savoir
L’on doit tendre vers l’éducation
Constamment
Que la raison soit mon moteur; les sens, mon navire;
La logique, mon gouvernail et la connaissance, ma destination
Sur mon chemin vers l’accomplissement,
Que m’accompagnent l’amour, l’excellence,
La découverte et la volonté
Et que les valeurs que sont le respect,
La légèreté et l’ouverture d’esprit,
soient mon rempart contre la bêtise
De cette façon, je contribuerai
À construire un monde meilleur


Essence d’éternité

Et quand ma poussière se mêlera à la vôtre, nous feront briller de nouvelles étoiles, qui réchaufferont d’autres cœurs sous les cieux de mondes lointains dans le temps et l’espace, nés d’autres soleils, astres composés de la poussière d’autres corps célestes depuis longtemps disparus, eux-mêmes issus de novas éteintes avant eux. Nos atomes ont rugi au sein d’incommensurables nuées, ont ruisselé dans des mers depuis longtemps asséchées, se sont unis pour former ce que nous sommes et se sépareront à nouveau pour créer d’autres formes et retourner au sein des nébuleuses dans un ballet sans fin de cendres étincelantes…