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Yin et Yang

Yin et Yang

En moi une ombre vit
Je suis elle, elle est moi
Elle se love au creux de mon abysse intérieure
Longtemps je l’ai balayée l’ai bannie l’ai exilée
Horrifié de la savoir partie de qui je suis
J’ai pour lors et depuis ressenti son angoisse
Son aigreur
Le désespoir avec lequel elle me punissait
Et c’est tout mon être qui tressaillait
Qui exhalait Qui hurlait Que j’avais besoin de mon amour
Afin de nous sentir apaisés, ma ténèbre et moi
Je lui ai tendu la main l’ai accueillie
Offert la sécurité de mon cœur
C’est ainsi que, en paix, elle ne déchaîne plus mes saisons
Car avec elle, je suis complet


Décision, décision…

Une âme se trouvant entre deux vies avait une conversation avec la Source de toute chose.

– Pour ta prochaine vie, tu peux choisir d’incarner n’importe lequel des êtres qui a existé, existe ou existera, et ce, à n’importe quel moment.

– J’aimerais bien pouvoir faire d’autres choix, dit l’âme. Puis-je renaître à nouveau comme celui que j’étais ?

-Si tu veux, mais tu pourrais aussi faire ces autres choix en étant quelqu’un d’autre. Ce serait plus amusant, tu ne penses pas ?

-Vous avez raison. Mais vous, l’avez-vous déjà fait, vous incarner en l’un des êtres qui peuplent l’Univers ?

-Je le fais constamment. En fait, c’est toute la différence entre vous et moi. Vous pouvez être chacun d’eux, mais à tour de rôle. Moi, je suis chacun d’entre vous au même moment.

-Wow !

-N’est-ce pas ?


Réflexion du jour, 25 juin 2021

La mécanique de la réalité est extrêmement complexe, mais sa fonction est d’une simplicité absolue.


Unité

Après un long chemin de plusieurs années, un homme se dirigeait vers une place publique. Il avait choisi un chemin qui le plaçait toujours dos au soleil dans sa démarche. Une femme lui proposa de couvrir ses épaules brûlées de pommade. Celui-ci lui répondit sèchement qu’il n’avait pas de temps à perdre et qu’il la soupçonnait de vouloir lui quémander quelques sous. Et il poursuivi son chemin.

D’une autre direction, un deuxième homme se dirigeait vers le même endroit. Celui-là avait le visage rouge et avait du mal à voir devant lui, car il prenait toujours une route face à la lumière du jour. Ainsi, croyant que quelqu’un venait l’aider à traverser la rue, il ne reconnut pas le voleur qui se précipitait sur sa besace pour s’enfuir avec sa maigre pitance.

Un troisième, un enseignant, le dos bien droit, s’approchait des lieux d’une démarche de funambule, bien en équilibre, et comme la Lune, un côté constamment éclairé et l’autre dans les ténèbres. Personne n’osait s’approcher de crainte de le faire tomber et de se faire faire la leçon.

Avec joie et insouciance, un quatrième se présenta en dansant sur son chemin, allant d’un côté comme de l’autre, virevoltant et faisant des pirouettes. Ce garçon, lui, avait un beau teint doré bien égal de tous côtés. Certains lui criaient des bêtises, lui intimant de regarder devant lui, alors que d’autres le secoururent lorsqu’il s’effondra, étourdi.

Et au centre, un dernier les attendait patiemment, assis en tailleur, l’air serein. Lorsqu’ils furent arrivés auprès de lui, il leur demanda comment s’était déroulé leur périple.

L’homme au dos brûlé se plaignit : « J’ai dû surmonter d’innombrables difficultés et affronter de terribles dangers. Les gens que j’ai croisés étaient méchants.

– Normal, tu n’as vu que ton ombre tout au long de la route. »

Celui aux yeux éblouis par le soleil dit avec amertume : « Moi, on m’a trompé et tout dérobé. Je croyais que les gens était bons.

– Normal, tu étais aveuglé. »

L’enseignant, lui, lâcha tristement : « En ce qui me concerne, la route a été sans encombres et pas trop rude, mais ennuyeuse. On m’a respecté, mais jamais aimé.

– Normal, il faut se relâcher un peu. »

Quant au jeune homme qui reprenait ses esprits. « La route a été amusante. Je me suis amusé de tout : du mauvais comme du bon. Même mon travail était agréable. » Il ajouta d’un trait : « Mais ça s’est passé si vite ! J’aurais aimé que ce soit plus long.

– Normal, il faut un peu de modération.

– Mais toi, qu’as-tu fait pendant ce temps? lui demandèrent-ils à l’unisson.

– Je vous ai observés à distance et ai profité de vos expériences. Ce qui me permet maintenant de pouvoir guider ceux qui suivront.

– Et comment peut-on atteindre ton état, toi qui paraît si serein ? s’ enquirent-ils.

À l’ombrageux, il dit : « Accepte l’amour qu’on te donne. »

À l’ébloui, il conseilla : « Reconnais l’ombre en toi. »

À l’enseignant, il recommanda : « Amuse-toi. »

Et à l’insouciant, il proposa : « Savoure l’instant. »

Et chacun reparti en empruntant un nouveau chemin.


Rideau !

Une pensée s’attarde sur une mémoire diffuse, alors que les souvenirs épars qui la désertent me font un clin d’oeil. Ainsi, je me détourne enfin du spectacle de nos vies falsifiées, desquelles on se grise comme on prend un cachet; et mon costume se rend sommeiller sur son cintre, comme une relique dans son sépulcre.

L’acteur jamais n’observe la tombée du rideau. Son tableau est celui de nos regards désireux d’existences admirables et de destins fabuleux.

Et en libérant la scène trépidante, complet et entier des émois beaux et tristes qui composent mon script, m’ont nourri et drogué, c’est sur l’assistance que je pose ma prunelle et que je me prosterne, ébahi de beauté.


Essence de l’être

Je suis l’onde et la particule. Je suis la ligne et le point. Celle qui se meut comme un serpent de désir. Celui qui paraît comme le soleil à l’aurore. Je suis celui que vous voulez que je sois. Je suis tel que vous m’imaginez. Et surtout,  tel que je me vois. Je vous pense aussi vous figurer qui je suis. En fait, je suis le résultat de tout ce qui est notre pensée commune.

Épuisé de tant d’existence. Sans répit. L’amour me saoule de ses abrutissements. Toujours fuyant. Au fond, qu’ai-je à offrir sinon un soupir ? Car je suis le vent. Celui qui rugit en silence, écorche les forêts, soulève les lacs et détourne les rivières. Celui qui naît dans ce souffle court et profond de celui qui s’ennuie. Et je deviens force sauvage sous les ailes du papillon qui me pousse et m’envoie à l’autre bout du monde pour devenir ouragan.

On me donnera un nom, comme si j’existais, pour me donner constance. Éphémère, pourtant, je suis. Les dégâts dans le sillage de mon chemin de vie sont considérables. Mais rien ne saurait se comparer à l’immense vide qui est mon noyau, ce trou noir qui s’aspire lui-même, éternellement, pour renaître constamment, pour s’ennuyer de la présence d’un autre vide.

Je suis l’onde et la particule. Je me comporte différemment selon que l’on m’observe ou non. Pourtant, vos attentes sont les miennes.  Au final et pour toujours, celui qu’on dévisage crée-t-il les yeux qui le regardent ?

 


Déclaration du penseur

Déclaration du penseur

Je veux vivre dans un monde de savoir
L’on doit tendre vers l’éducation
Constamment
Que la raison soit mon moteur; les sens, mon navire;
La logique, mon gouvernail et la connaissance, ma destination
Sur mon chemin vers l’accomplissement,
Que m’accompagnent l’amour, l’excellence,
La découverte et la volonté
Et que les valeurs que sont le respect,
La légèreté et l’ouverture d’esprit,
soient mon rempart contre la bêtise
De cette façon, je contribuerai
À construire un monde meilleur