Archives mensuelles : juin 2021

La sagesse d’un laideron

Radieuse malgré son extrême laideur
Surnommée « le Bouddhin », sages sont ses propos
Qui croise son chemin trouve aussi le repos
L’écoutant raconter des fables de bonheur

Par son rire affichée, sa pauvre dentition
Du bon père au gredin, leur âme fait souffrir
Une aumône à ses pieds chacun va lui offrir
Des largesses du cœur fait la compétition

Pourtant elle apprécie la simple volonté
D’un baiser sur sa joue d’exprimer sa bonté
Il s’en trouve parfois qui montrent du dégoût

Pour les récompenser de leurs rires affreux
Elle rendra immortel leur venimeux bagout
Narrant de judicieux contes inspirés d’eux


Réflexion du jour, 25 juin 2021

La mécanique de la réalité est extrêmement complexe, mais sa fonction est d’une simplicité absolue.


Pensées de beuverie

De quelle étoffe sont faits ceux qui rêvent de la grandeur des cieux se bousculant dans leur tête ? Ils sont nus et tendres comme le souffle du vent. Leur peau est celle de la brise marine, salée, cuite par le soleil radieux de leurs désirs insaisissables. Ce derme qui les voue à la damnation avec félicité. Ils se plaisent à imaginer les plus folles épopées de la chair. Ils forment des tribus particulières et singulières. Tous semblables dans leur illusion de différence. Tous veulent être admirés. Je me vois immobile, statufié comme le marbre, les âges défilent autour de moi, sans prise sur mon état. J’attends de sentir l’époque qui me sortira de mon sommeil observateur, de ma langueur pour le mystère qui suscitera mon intérêt.

Qui est cet être étrange qui sommeille en moi ? De qui ai-je l’espoir du réveil ?


Le silence des mots

Lourd pèse le silence des mots retenus

Aussi éthérée que la chasse de l’effraie flotte la parole affranchie

Au cœur des clochers oubliés, chuintements et soupirs étranglent l’assurance des braves

Que vole la dame blanche pour débusquer le verbe

Mulot musaraigne souris campagnol incarnent les serments ignorés

Jetés au cachot de nos désirs enfouis

Passions non déclarées

Béguins étouffés


Les supercordes

Confinés à l’intérieur de soi, nous sommes les cordes de la trame céleste. Repliés sur nous-mêmes, enroulés à l’infini, tricotés serrés. Nous avons la forme de l’Un, cette grande famille d’un seul être. Reeves sera content, son nom au firmament. Bérénice a sa chevelure, Hubert a sa tonsure.


Le retour

L’envie de lui qui est au loin
Celui qui est parti
Vivre ce que j’ai vécu
Désir de celui-là
Reflet de mon esprit
Celui que j’ai été
Qui me ressemble
Qui me rassemble
Mes morceaux éparpillés
En moi-même
Ma vie dissolue
Un regain de ferveur
Une âme besogneuse
Du bien-être de l’Homme

Il m’a étonné
Surpris déculotté
On a baisé
Avec amour
Il m’a réanimé réactivé
Et les fantômes frappent à la porte
Veulent se confier
Me dire comme leur manque
La douceur d’un baiser


Beaudelaire et ses morts

Les morts s’enrobent de putrescence

Beaudelaire se vautre dans la tourbe

Et les ronces, et les chardons, et tubercules fétides

Vous attrapent par les chevilles

Vous tirent vers le lit où vous dormirez

Plus tôt que tard

Cette musique est celles de la vermine

Qui couine comme un fromage mouillé

On dirait un concert de mégères à peine chastes

Qui oraisonnent et feulent sur les pauvres rejetés

Les pauvres cœurs déchirés

Jetés en pâture sur les draps chiffonnés


Puissance de la peau

Jamais nous n’avons cru

Possible la défaite

Face à l’indomptable caprice

De nos zones érogènes

Pourtant c’est avec délices

Qu’on s’abandonne aux glissements

Répétés do nos dermes innocents

Et cupides


Corps et esprit

Toutes ces questions tous ces désirs

La même chose peut-être

Ce sont les réponses

Celles qui nous enflamment

Notre corps et notre esprit

Les jeux presque innocents

Dans notre lit ou celui des autres

Dans notre tête ou celle des élus

Qui nous choisissent

Comme on le fait

Avec désinvolture appliquée

Nous cherchons des réponses

Pour aiguiser nos sens

Savoir de l’esprit humain

Le corps et l’esprit sont les mêmes

Les jouissances sont des réponses