Archives mensuelles : septembre 2017

Eros et Thanatos

Qui m’observe à travers ces yeux déments

Ce sont ces cadavres qui s’ignorent encore

Formes putrides en devenir

Une étincelle embrase mon corps empli de désir

Je regarde ces formes

Volupté indicible

À pas feutrés dans la nuit

Et le jour aussi

Ce qui bouge et frétille

Profiter de cette beauté ces caresses

Bientôt fanées et repoussantes

En cet instant si désirables

Et la folie s’empare de mon bassin

De mon esprit embrumé par cette ale

Foncé comme mon âme engluée

Dans ces explosions de sperme frelaté


Essence de l’être

Je suis l’onde et la particule. Je suis la ligne et le point. Celle qui se meut comme un serpent de désir. Celui qui paraît comme le soleil à l’aurore. Je suis celui que vous voulez que je sois. Je suis tel que vous m’imaginez. Et surtout,  tel que je me vois. Je vous pense aussi vous figurer qui je suis. En fait, je suis le résultat de tout ce qui est notre pensée commune.

Épuisé de tant d’existence. Sans répit. L’amour me saoule de ses abrutissements. Toujours fuyant. Au fond, qu’ai-je à offrir sinon un soupir ? Car je suis le vent. Celui qui rugit en silence, écorche les forêts, soulève les lacs et détourne les rivières. Celui qui naît dans ce souffle court et profond de celui qui s’ennuie. Et je deviens force sauvage sous les ailes du papillon qui me pousse et m’envoie à l’autre bout du monde pour devenir ouragan.

On me donnera un nom, comme si j’existais, pour me donner constance. Éphémère, pourtant, je suis. Les dégâts dans le sillage de mon chemin de vie sont considérables. Mais rien ne saurait se comparer à l’immense vide qui est mon noyau, ce trou noir qui s’aspire lui-même, éternellement, pour renaître constamment, pour s’ennuyer de la présence d’un autre vide.

Je suis l’onde et la particule. Je me comporte différemment selon que l’on m’observe ou non. Pourtant, vos attentes sont les miennes.  Au final et pour toujours, celui qu’on dévisage crée-t-il les yeux qui le regardent ?