Les Délyriques, épisode 2 : Deux têtes sont pires qu’une


Crime odieux à Malsains-Gens-sur -Trichelieu

Voici le premier épisode des « Délyriques ».

Et le lien pour le visionner :


La vieille dame

Veuve d’un expert en démolition, Anna Wiekovski avait pour habitude de ramasser des chocolats. De nombreuses boîtes de truffes vides traînaient sur son lit et sa commode, mais elle ne les mangeait pas. Elle les lançait aux pigeons pour leur donner une indigestion. De temps à autre, elle y ajoutait un soupçon de mort-aux-rats.

D’ailleurs, depuis qu’elle songeait à sa nouvelle idée, qu’elle mûrissait son plan, elle en avait mis plus que d’habitude et ne s’était pas non plus gênée de forcer la dose dans le pain quelle leur destinait. Lentement, c’était comme si une frénésie meurtrière s’était emparée d’elle. Depuis quelques semaines, elle avait disséminé de nombreuses miettes chaque fois qu’elle sortait, et il n’y avait plus beaucoup d’oiseaux dans le quartier. Elle en avait tant tué, que les autres savaient d’instinct qu’il fallait éviter le secteur en raison d’un mal inconnu qui décimait les populations. Au moins, ces maudits rats du ciel ne venaient plus chier sur le porche.

À force de se buter aux embûches et de se cogner le petit orteil sur les pattes de chaise de la vie, on finit par avoir du mal à marcher à 84 ans, comme elle. Ce n’est pas si grave, se consolait-elle, après, on peut se procurer une marchette et ajouter quatre jambes. Elle pensait aux insectes et ça la faisait sourire. Elle avait bien l’intention d’écraser quelques doigts de pieds et de frapper quelques tibias là où ça fait le plus mal, sur ce que sa propre mère nommait le « pas gras de la jambe ». Ils le méritaient bien, après tout, même ceux qu’elle n’avait jamais rencontrés… et dont elle n’avait pas plus envie de faire la connaissance.

Ces primates enragés et abrutis avaient démontré au cours de cette vie ce qu’ils avaient de plus bête et méchant. Quoi que les bêtes n’avaient rien de bien méchant comparées à eux. Ils allaient être servis, foie de volaille !

Son plan était prêt depuis peu. L’approche du temps des Fêtes avait été le terreau fertile de ses idées. Qui allait oser soupçonner une petite vieille qui marchait sur six pattes et semblait crouler sous le poids de sa longue existence? Il est nécessaire de préciser ici qu’Anna affectait alors beaucoup sa démarche et arrondissait le dos volontairement, un peu comme une chatte enragée. Si une chatte qui fait le dos rond incite à changer de trottoir, elle, n’en inspirait qu’un peu plus la pitié, ce qui normalement l’énervait, mais lui serait bientôt utile. Qui plus est, Anna se montrait d’une politesse infinie, presque mièvre. Certainement, se disait-on, selon elle, aucun soupçon de méchanceté ne se dissimulait dans le cœur d’une aînée qui fait si bien la cuisine. Non! Les psychopathes sont ceux qui auraient le culot de seulement supposer, même en riant, d’émettre le début d’une ombre de pensée à ce sujet. Elle était tranquille; personne ne viendrait l’embêter.

Lorsque vint la date prévue, elle prit place à la table de la cuisinette avec sa liste de choses à faire pour passer en revue chaque étape du plan et vérifier qu’elle n’avait rien omis. Satisfaite, elle prit le combiné du téléphone pour annoncer à ses invités, les cinq autres habitants de l’immeuble, qu’ils pouvaient venir.

Vers 19 h, tout le monde était là. Ne manquait que le concierge et son idiote de femme, partis à l’extérieur à la dernière minute. Pas grave, après ce soir, ce cancre en aurait pour le reste de ses jours à recoller les morceaux.

Chacun s’extasiait sur la cuisson des «cailles». Elle était fière de son idée d’avoir ramassé et conservé quelques cadavres de pigeon pour l’occasion, résultat de son holocauste personnel. Ça avait drôlement diminué les frais. Bien sûr, on s’émerveillait aussi de sa grandeur d’âme d’avoir préparé ce repas pour eux uniquement puisqu’elle-même, en raison de son âge et de ses besoins réduits à l’essentiel, se contentait d’une soupe.

Enfin arriva le moment de l’acte final. Depuis le temps qu’elle rageait, que toutes ses pensées étaient fixées sur cet instant d’absolu, elle verrait la justification de son action confirmée dans toute sa sombre splendeur par l’attention qu’on porterait enfin à sa cause. Tandis qu’on déballait les cadeaux dans le salon, elle prétexta un besoin urgent et, autant que faire se peut, fila aux toilettes en emportant ses broches à tricoter et une balle de laine qui se déroulait en laissant les fils sur le sol. Dans l’ivresse du vin qu’elle avait fait couler à profusion, personne ne remarqua quoi que ce soit, pas même que sa marchette, avec ses tubes gorgés de sciure de dynamite, trônait encore là où elle prenait place un instant auparavant.

Bien assise sur le siège des toilettes, elle planta ses broches dans le détonateur dissimulé dans la pelote, y fixa les fils et alors qu’elle les entendait caqueter d’extase en enfilant qui le pull, qui le foulard, qui les pantoufles qu’elle leur avait tricotés (et imbibé de poudre explosive), elle eut une pensée pour eux en se soulageant et actionna le détonateur.

Tout l’édifice vrombit.

Deux heures plus tard, les secouristes avaient réussi à sortir une petite vieille des décombres de l’appartement. Heureusement pour elle, se racontaient-ils, elle était en train de faire ses besoins lorsque la fuite de gaz s’était enflammée et avait soufflé la cuisine et le salon jusque dans la rue.

On la traita aux petits soins, lui mit une couverture sur ses frêles épaules et l’installa à l’arrière d’une ambulance, assise entre les portes ouvertes. Pour feindre la sénilité plus profondément, elle osa forcer la note et ramassa un morceau de cadavre parmi les débris. Elle tenait le bout de dépouille sanguinolent dans ses mains menues et tremblantes en disant d’un air attristé : « Oh! Ma dinde est gâtée! Je ne pourrai pas en offrir à ces bons messieurs de la police. »

L’enquête avait fini par révéler qu’Anna Wiekovski était l’auteur de la catastrophe. Les médias la surnommèrent la « Mamie meurtrière » et elle fut internée après un procès embarrassant et vite expédié. Collectivement, on finit par oublier l’affaire, car elle déstabilisait trop les idées préconçues que l’on se faisait sur les gens.


Baskets aux mains

Petite fiction rigolote pour se moquer de la pensée platiste (qui prétend que la terre est plate).

Nous avons gagné! La vérité de Dieu a triomphé! Les preuves étaient accablantes et nos ennemis, ceux de la vérité, ont été jugé et condamnés à être bannis de cette Terre. C’est lorsque nous nous sommes rendus aux confins du monde pour exécuter la sentence et jeter par-dessus bord les hérétiques dans les profondeurs insondables du vide de l’espace que nous avons eu la surprise de rencontrer les autres.

Nous savions depuis longtemps que la Terre était plate. Les menteurs et les déviationnistes prétendaient qu’elle était ronde. Leur science biaisée et démoniaque avait volontairement mis de côté le savoir des saints anciens. C’était maintenant prouvé : elle s’apparentait singulièrement à un ballon de plage dégonflé. Mais jamais nous n’avions pris en compte l’existence des autres. C’est-à-dire les Australiens. Comment avaient-ils pu prospérer, voire survivre dans ces contrées, qui, je dois l’admettre, sont paradisiaques ?

Notre première visite s’était soldée par nombre de défections… et de décès regrettables. Les nôtres, peu exercés à la manière de se déplacer de nos hôtes et enivrés par la perspective de rejoindre Dieu dans le ciel, soit tombaient dans le vide de leur propre volonté, soit, affaiblis par des bras trop chétifs pour soutenir leur poids, poussaient un dernier cri, qui se perdait, comme eux, dans l’immensité… sous nos pieds. Mais nous avions le réconfort d’avoir eu raison. D’avoir raison.

Lors de notre première visite officielle, après êtres descendus de ce véhicule étrange dont les pinces remplaçaient ces bonnes vieilles roues auxquelles nous étions tant habitués, nous avons découvert avec un effroi mêlé de plaisir ces courroies et ces poignées que les habitants de la face sud du plateau terrestre avaient fixées absolument partout. Nous étions bien aises de pénétrer les édifices et d’utiliser à nouveau nos jambes sur ce qui chez nous était un plafond, mais chez eux servait de plancher. Pour le repos, des hamacs publics avaient été installés dans des aires aménagées avec soin, qui offraient une vue imprenable sur les abysses célestes, et nous admirions, médusés, les prouesses des habitants qui se déplaçaient en s’agrippant à tout ce qu’ils pouvaient avec l’aisance de primates allant de branche en branche, de liane en liane. Non pas que je prétende que l’Homme descend du singe, comme les impies l’affirment, mais peut-être ne leur sommes-nous pas totalement étrangers ? Enfin, la raison n’était-elle pas de notre côté?

Nos réunions, après un moment, avaient pour but de trouver une solution pour faciliter les déplacements, et par conséquent le commerce, entre nos deux réalités. Un académicien avait proposé de creuser des conduits menant d’une surface à l’autre. L’idée, d’abord accueillie avec enthousiasme, s’était révélée inefficace et coûteuse, puisque les échangent se révélaient trop compliqués. De plus, entre-temps, nous avions découvert que les Chinois vivaient accrochés au flanc de notre monde, leurs rizières suspendues comme des toiles sur un mur.

Toujours est-il que nous avons trouvé la solution. Après une rencontre (pas au sommet, mais sur le pourtour), il fut décidé de trouver l’embout par lequel gonfler le monde et en faire un globe. Nos plus récentes recherchent laissaient croire que celui-ci se trouvait caché dans les Himalaya, et celles-ci avançaient bon train.

Aujourd’hui, de ma fenêtre, d’où je peux admirer le panorama des nuages qui défilent sous ma nouvelle maison, je suis fébrile, car je fais partie de l’expédition d’exploration des montagnes dont les pics pourraient nous rapprocher du créateur, caché derrière la brume infinie. Baskets aux mains (un modèle dernier cri avec des lacets sur la paume afin d’alléger le fardeau de lacer chaque phalange), je prends ma besace et mes crochets et je sors.
Malheureusement pour nous, des zélotes qui croyaient que nous n’avions pas le droit de percer les secrets du divin nous ont tendu un guet-apens et nous font perdre main. Je reste cependant inflexible : le dernier mot, nous l’avions eu, en définitive

La lutte est brève. À quoi croyais-je m’accrocher? À mes convictions, à ma vie, mais n’est-ce pas la même chose puisque je n’ai toujours vécu que pour justifier mes certitudes? Enfin, je lâche prise…

Et je me suis mets à tournoyer tandis que rapidement la sousface du monde s’éloigne. Je suis saisi d’effroi à la pensée que je mourrai certainement de faim et de soif au cours d’une chute éternelle puisqu’il n’y a probablement pas de sol où aller me fracasser. Et puis tout à coup, la frayeur fait place à la consternation, puis la curiosité, car je viens de traverser la couche nuageuse habituellement impénétrable qui limite d’ordinaire l’horizon céleste. Je heurte quelque chose dans ma chute et glisse maintenant le long d’une paroi rugueuse. Les proportions dans ce ciel sans fin sont si vastes et moi si insignifiant que mon champ visuel ne me permet pas d’apprécier dans sa totalité le mystère de ce qui m’entoure. Et puis après un temps interminable, la compréhension s’empare de mon esprit fasciné.

Oserai-je avouer maintenant que de tout temps, nous avions tort ? Mon cœur est lourd. Je pense à ces pauvres hères que nous avons rejetés dans l’immensité qui m’accueille à mon tour. Il m’apparaît impossible d’en croiser ne serait-ce qu’un seul dans ma chute… Notre chute, car c’est toute notre société qui chute avec moi, notre conception falsifiée du monde.

Il me faut faire face à la réalité de mon échec, de notre échec, et je regarde ces yeux doux, plein de compassion, et ce visage qui s’éloigne à vive allure, mais que la distance me permet enfin d’embrasser du regard dans toute sa gloire, celui de l’être qui me regarde disparaître avec tristesse… une tortue, qui porte le monde sur son dos.

 


Campagne de financement de web émission littéraire

HellBDLa campagne est lancée officiellement. Pour encourager la création littéraire de contes et de nouvelles, rendez-vous sur la page Ulule du projet. Des contreparties intéressantes sont offertes. Comme les illustrations officielles autographiées par l’illustrateur de renommée mondiale Blue Suzaku, une copie du recueil de contes et nouvelles imprimée, illustrée et autographiée par l’auteur et l’illustrateur. Des tasses avec illustrations et citations surprises, des macarons.

Pour en savoir plus, visitez :

https://fr.ulule.com/les-delyriques/?ul_campaign=presale_106828&ul_source=shared-from-Ulule-project-page-on—http.referer–&ul_medium=uluid_3041915-unknown-202005052005


Description du projet de Web émission littéraire « Les Délyriques »

 

jacassier Original

Les Délyriques

Tome premier : En ces jours d’apocalypse

Mon personnage, le magistère Jacassier, parcours le temps et l’espace afin de cumuler des histoires qu’il vous raconte sur sa page YouTube. Pour public majeur et averti seulement. Il s’agit d’histoires d’horreur drolatiques, absurdes, avec un soupçon de philosophie, que ce soit avec profondeur ou légèreté, mais qui, toujours, mènent à réflexion.

L’émission sera constituée au début de capsules de 5 à 10 minutes, pendant lesquelles une histoire sera racontée sous forme théâtralisée. Des scénarios déjantés et mystérieux, comiques et sombres, parfois philosophiques inspirent un illustrateur professionnel qui en tirera des scènes illustrées sous forme de mangas et qui permettront d’ajouter au dynamisme des vidéos.

Des personnages prendront vie aussi sous forme d’illustrations. D’ailleurs, ceux-ci pourront revenir animer d’autres histoires sans lien nécessairement les unes avec les autres et se croiser pour donner lieu à des situations intéressantes et uniques.

Le détective Virgule Poivrot, par exemple, vivra diverses aventures au cours de la saison dans une histoire de plusieurs épisodes. Ce dernier réapparaîtra certainement dans d’autres scénarios au cours de la saison sans pour autant prendre toute la place et laisser d’autres personnages tout aussi importants avoir leurs moments de gloire.

C’est en fait tout un univers qui prend forme pour le plaisir de retrouver des personnages qui obtiendront ainsi plus de profondeur.

L’intention est aussi de produire plus d’une saison. La deuxième commencera en janvier 2021 et s’intitulera :
« Les Délyriques »
Deuxième tome : « Compte rendu de la fin du monde… tel qu’il était »

À la fin de chaque saison, tous les contes et toutes les nouvelles seront publiés sous forme de recueil imprimé avec première et quatrième de couverture en reliure allemande.

Avec le temps, de nouveaux éléments viendront s’ajouter à l’émission. Ainsi, un segment interview avec des auteurs et des poètes fait partie des plans. Des capsules de conseils de lecture du moment accompagnés de tirages de livres sont aussi envisageables. La visite de librairies à ces occasions est une possibilité.

Lien vers la campagne de socio-financement :
https://fr.ulule.com/les-delyriques/


Rêve techno

La mouvance nous emporte

Corps qui serpentent

Peau électrifiée

Sens mûrs et sublimés

Bassin rebelle

Gravité sur pause

Interrompue par le son

Grisant comme des amphet’

 

Le Beat embrase le rythme cardiaque

Montée, crescendo

L’être en suspens

Entre les colonnes, le son

Canevas de vibrations et corps libéré

Synesthésie exaltante

Enfin la tombée subite

L’on s’élance sur la piste

Secoués de spasmes effrénés

Nous sommes dans l’interstice

Entre les dimensions


Frère

Le mauvais rôle toujours on me donne

Les pires intentions également on me prête

Mais la vérité à l’ignorer vous persistez

C’est ainsi que l’on m’a créé

 

Vous me tournez le dos pour ne voir que votre ombre

Pourtant votre miroir je suis, étincelant

Porteur de la lumière on a fait ma mission

Si seulement vous pouviez vous voir tout autant

 

Votre ennemi je ne suis pas et pourtant

Vous me traitez comme tel

Oui je suis votre frère

Mon nom est Lucifer

 

 


Unité

Après un long chemin de plusieurs années, un homme se dirigeait vers une place publique. Il avait choisi un chemin qui le plaçait toujours dos au soleil dans sa démarche. Une femme lui proposa de couvrir ses épaules brûlées de pommade. Celui-ci lui répondit sèchement qu’il n’avait pas de temps à perdre et qu’il la soupçonnait de vouloir lui quémander quelques sous. Et il poursuivi son chemin.

D’une autre direction, un deuxième homme se dirigeait vers le même endroit. Celui-là avait le visage rouge et avait du mal à voir devant lui, car il prenait toujours une route face à la lumière du jour. Ainsi, croyant que quelqu’un venait l’aider à traverser la rue, il ne reconnut pas le voleur qui se précipitait sur sa besace pour s’enfuir avec sa maigre pitance.

Un troisième, un enseignant, le dos bien droit, s’approchait des lieux d’une démarche de funambule, bien en équilibre, et comme la Lune, un côté constamment éclairé et l’autre dans les ténèbres. Personne n’osait s’approcher de crainte de le faire tomber et de se faire faire la leçon.

Avec joie et insouciance, un quatrième se présenta en dansant sur son chemin, allant d’un côté comme de l’autre, virevoltant et faisant des pirouettes. Ce garçon, lui, avait un beau teint doré bien égal de tous côtés. Certains lui criaient des bêtises, lui intimant de regarder devant lui, alors que d’autres le secoururent lorsqu’il s’effondra, étourdi.

Et au centre, un dernier les attendait patiemment, assis en tailleur, l’air serein. Lorsqu’ils furent arrivés auprès de lui, il leur demanda comment s’était déroulé leur périple.

L’homme au dos brûlé se plaignit : « J’ai dû surmonter d’innombrables difficultés et affronter de terribles dangers. Les gens que j’ai croisés étaient méchants.

– Normal, tu n’as vu que ton ombre tout au long de la route. »

Celui aux yeux éblouis par le soleil dit avec amertume : « Moi, on m’a trompé et tout dérobé. Je croyais que les gens était bons.

– Normal, tu étais aveuglé. »

L’enseignant, lui, lâcha tristement : « En ce qui me concerne, la route a été sans encombres et pas trop rude, mais ennuyeuse. On m’a respecté, mais jamais aimé.

– Normal, il faut se relâcher un peu. »

Quant au jeune homme qui reprenait ses esprits. « La route a été amusante. Je me suis amusé de tout : du mauvais comme du bon. Même mon travail était agréable. » Il ajouta d’un trait : « Mais ça s’est passé si vite ! J’aurais aimé que ce soit plus long.

– Normal, il faut un peu de modération.

– Mais toi, qu’as-tu fait pendant ce temps? lui demandèrent-ils à l’unisson.

– Je vous ai observés à distance et ai profité de vos expériences. Ce qui me permet maintenant de pouvoir guider ceux qui suivront.

– Et comment peut-on atteindre ton état, toi qui paraît si serein ? s’ enquirent-ils.

À l’ombrageux, il dit : « Accepte l’amour qu’on te donne. »

À l’ébloui, il conseilla : « Reconnais l’ombre en toi. »

À l’enseignant, il recommanda : « Amuse-toi. »

Et à l’insouciant, il proposa : « Savoure l’instant. »

Et chacun reparti en empruntant un nouveau chemin.


Roman gratuit

Mon premier roman, Les boucles quantiques ou Là où commence le ciel, s’est retrouvé en magasin en 2006. Reçu par la critique comme roman de quête initiatique, on l’avait recommandé comme lecture de vacances, quand on se prélasse a l’abri d’une ombrelle sur la plage. Et voici que 13 ans se sont écoulés depuis sa sortie sur les tablettes des librairies. Quand je le revisite aujourd’hui, je réalise, avec un désarroi qu’un sourire en coin vient adoucir, que je manquais de maturité et que je n’avais trouvé ni ma voix ni mon chemin. Mais beaucoup d’encre a coulé des cartouches d’imprimante, ou devrais-je dire: d’innombrables pixels ont noirci les écrans depuis.

Et m’y voici enfin.

Avec mon projet de contes Les Délyriques, je peux affirmer que si ce n’est pas là la destination finale de mes élucubrations esthétiques, je suis au moins en chemin. Une route que j’espère aussi longue et merveilleuse que possible.
Sachez que la maison d’édition, Éditions Le Navire, n’existe plus, et que donc, la version imprimée avec première et quatrième de couverture est épuisée et introuvable.
Et puisque moi et ma plume avons repris notre envol pour explorer de nouveaux univers à travers le conte et la nouvelle, le voici disponible gratuitement en version électronique. Son titre actuel,
Un arbre dans le désert, représente plus, selon moi, l’essence de l’histoire.
Enfin, vous êtes libres d’ajouter vos critiques et commentaires sur cette page. Aussi, vous êtes libre de le partager. Pour télécharger le livre, cliquez sur le titre (lien) en dessous.
Bonne lecture!

P.S. Ah, oui, j’oubliais, l’histoire met en scène un jeune homme qui part à la recherche de son père qu’il croyait mort. Ce dernier laisse des lettres à son fils à travers le monde, que celui-ci doit trouver dans sa quête et à travers lesquelles il apprend à le connaître. Mais il est pourchassé par des agents gouvernementaux d’une société secrète d’agents psy qui veulent mettre la main sur le mystérieux fugitif qu’est son père.

Un arbre dans le désert