Roman gratuit

Mon premier roman, Les boucles quantiques ou Là où commence le ciel, s’est retrouvé en magasin en 2006. Reçu par la critique comme roman de quête initiatique, on l’avait recommandé comme lecture de vacances, quand on se prélasse a l’abri d’une ombrelle sur la plage. Et voici que 13 ans se sont écoulés depuis sa sortie sur les tablettes des librairies. Quand je le revisite aujourd’hui, je réalise, avec un désarroi qu’un sourire en coin vient adoucir, que je manquais de maturité et que je n’avais trouvé ni ma voix ni mon chemin. Mais beaucoup d’encre a coulé des cartouches d’imprimante, ou devrais-je dire: d’innombrables pixels ont noirci les écrans depuis.

Et m’y voici enfin.

Avec mon projet de contes Les histoires délirantes, je peux affirmer que si ce n’est pas là la destination finale de mes élucubrations esthétiques, je suis au moins en chemin. Une route que j’espère aussi longue et merveilleuse que possible.
Sachez que la maison d’édition, Éditions Le Navire, n’existe plus, et que donc, la version imprimée avec première et quatrième de couverture est épuisée et introuvable.
Et puisque moi et ma plume avons repris notre envol pour explorer de nouveaux univers à travers le conte et la nouvelle, le voici disponible gratuitement en version électronique. Son titre actuel,
Un arbre dans le désert, représente plus, selon moi, l’essence de l’histoire.
Enfin, vous êtes libres d’ajouter vos critiques et commentaires sur cette page. Aussi, vous êtes libre de le partager. Pour télécharger le livre, cliquez sur le titre (lien) en dessous.
Bonne lecture!

P.S. Ah, oui, j’oubliais, l’histoire met en scène un jeune homme qui part à la recherche de son père qu’il croyait mort. Ce dernier laisse des lettres à son fils à travers le monde, que celui-ci doit trouver dans sa quête et à travers lesquelles il apprend à le connaître. Mais il est pourchassé par des agents gouvernementaux d’une société secrète d’agents psy qui veulent mettre la main sur le mystérieux fugitif qu’est son père.

Un arbre dans le désert


L’amère n’a pas d’âge


Chaîne YouTube de conteur

Les histoires délirantes du magistère Jacassier
Contes absurdifères et récits horriflippants

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Sous les feuilles d’automne

      J’ignore s’il me cherche encore. Je n’ai rien entendu depuis un moment. Mais je n’ose pas sortir de ma planque pour jeter un œil, au cas où ce serait une ruse pour me débusquer. Je l’imagine dissimulé derrière un tronc, à l’affût du moindre son, de tout craquement inhabituel. Il était si charmant.

La nature sauvage m’entoure. Je m’y love. Comme une tortue dans sa carapace. L’air sent la mousse et l’humidité. Lui sentait l’après-rasage hors de prix. Aussi, j’ois sans cesse le son que produit son rasoir affûté.

Je me suis évadée pour la deuxième fois cette nuit. La première, c’est l’ennui que je cherchais désespérément à distancer. Et c’est dans les bras de cette chère Molly, au creux du vacarme d’une piste de danse que je trouvai alors refuge.

J’avais la tête ailleurs quand il est venu vers moi, et mon bassin tanguait au rythme des corps qui m’entouraient. Il avait pris mes mains, et les avait tenues entre les siennes, comme on fait une prière. J’avais rouvert les yeux pour m’égarer dans ses prunelles sans fond. Il n’a pas souri. Il semblait détaché de ce corps bien ferme, qui dégageait une chaleur où une chatte trouve son bonheur. Et j’ai surpris mes jambes à suivre les siennes. Un peu contre ma volonté. Il m’avait sûrement droguée, quand j’y pense.

Le tapage de mes larmes peut-il trahir ma position ?

Je fais un marché avec la vie : plus jamais je ne laisserai mon verre sans surveillance, mais épargnez-moi la leçon, j’ai compris.

Je tends l’oreille. La pluie a commencé à tomber doucement. Mais le tas de feuilles sous lequel je suis cachée me protège. Des pas font vibrer le sol non loin. Est-ce lui ? Peut-être un autre animal. Combien sont passés dans mon existence ? Je ne les compte plus. Je suis paralysée par la peur. S’il me trouve, c’en est fait de moi. J’ai dû perdre beaucoup de sang. Je ne sens plus mes bras. Je n’aurais certainement pas la force de me battre. Mon étourderie me met en rage. J’ai réagi sur le champ. Il m’a blessée, mais j’ignore où. Tout s’est passé à la vitesse d’une attaque de serpent. Je me rappelle seulement l’avoir mordu. Vraiment fort. Le goût du sang dans ma bouche et les poils pris entre mes dents en font foi. Et j’ai pris mes jambes à mon cou. C’était ma seconde fuite depuis le coucher du soleil. Mais ce coup-là, c’était pour m’accrocher à la vie, pas m’en cacher.

Je reste donc tranquille. De toute manière, dans le noir, comment m’y retrouver ? Ainsi, j’attendrai la lueur de l’aube. De plus, le boisé est assez dense pour bien me dissimuler. J’essaie d’entendre les insectes qui s’activent autour de moi. Heureusement, j’aime les bestioles. C’est des hommes qu’il faut se méfier.

Le vent se lève et fait bruire les feuillent des ormes et des frênes. Celles-ci s’amoncellent et m’ensevelissent, me gardant au chaud. Je ne sais plus depuis quand je suis là. Le temps n’est plus qu’un concept lointain. Je regarderais bien ma montre, mais je crains de révéler ma cache. Ça me donne l’occasion de revoir mes priorités.

Je me questionne d’abord sur la manière dont j’ai pu aboutir dans cette funeste position. Et les images me reviennent comme si je visionnais un film. Après avoir quitté l’after, je ne me souviens de rien jusqu’au moment où j’ai repris conscience dans la voiture qui roulait dans le noir. Cette pourriture a sûrement utilisé du GHB.

Du mouvement tout près me tire de mon errance. La lueur d’une lampe-torche à travers le couvert des feuilles me force à un silence absolu. Je ne respire plus. Un bout de mon chemisier couleur de cerise dépasse-t-il de sous les feuilles ? Possible, oui. Mais qui s’était dangereusement approché s’éloigne maintenant. J’ignore si je dois me propulser hors de mon refuge pour demander de l’aide. Un bon moment, je pèse le pour et le contre et je fini par me perdre dans mes pensées. Lorsque je décide de me manifester, il est déjà trop tard. Ils sont loin désormais.

Alors je replonge dans ma rêvasserie pour passer le temps. Le temps. Toujours lui. Lui qui décharne nos ambitions et nos projets. Qui ossifie jusqu’à la moindre mémoire. Et je m’endors. Encore.

Il fait jour. Des voix. Je n’ose toujours pas bouger. Ils sont trois. Une famille de randonneurs. Je veux les prévenir et leur conseiller la prudence, car l’agresseur est probablement toujours dans les parages. Alors depuis l’endroit où je suis cachée, j’ose m’adresser à eux. D’abord en chuchotant. Mais ils ne m’entendent pas. Alors je monte légèrement le ton. Et à cet instant, toute la terreur sort enfin de ma voix et je me mets à hurler pour qu’ils viennent me sortir de là, car je ne peux pas bouger. Je sais qu’on a vu mon vêtement. On enlève frénétiquement toute la saleté et les feuilles mortes accumulées pour me découvrir. Je la vois apparaître. Une petite fille me regarde avec les yeux ronds. Je lui dis de ne pas avoir peur et je lui souris de toutes mes dents. Ses parents s’approchent et je les remercie en pleurant de soulagement.

-Maman, regarde, demande la fillette, qu’est-ce que c’est ?

-Ne touche pas, mon ange! Antoine, appelle la police!

Je la dévisage, étonnée.

-C’est le crâne de quelqu’un, répond son père.


Forme et/ou contenu

Suggestion de lecture du moment :
La vie est un roman, de Guillaume Musso. L’auteur, comme beaucoup d’autres grands écrivains par la voix de leurs personnages, y expose des idées contraires, voire conflictuelles, de l’acte d’écrire.
« C’était ce qu’on attendait d’un écrivain prétendument sérieux. Qu’ils défendent l’idéal d’une écriture esthétique, intellectuelle, n’ayant d’autre but que la forme (…) La vérité c’est que je ne pensais pas un mot de tout ça. J’avais même toujours pensé l’inverse : que la grande force de la fiction réside dans le pouvoir qu’elle nous offre de nous soustraire au réel. » (p. 60) D’abord, pour répondre à cette assertion, je dirais que selon moi, l’exercice de style n’empêche pas l’imagination, qu’au contraire, il doit la soutenir, et vice versa. Mes livres préférés sont d’ailleurs ceux qui établissent un équilibre entre forme et contenu, comme celui-ci.

Bonne lecture


Thème slam du Magistère Jacassier

Il a de ces histoires

Qui donnent des frissons

D’autres qui nous font rire

Ou portent à réflexion

Magistère Jacassier

Anime ma maison

De tes mots, ta façon

Viens nous émerveiller

Il a tant à nous lire,

Et aussi tant à dire

Pour lui la poésie

Est comme du bonbon

Il a de ces histoires

Qui donnent des frissons

D’autres qui nous font rire

Ou portent à réflexion

Magistère Jacassier

Tes récits horrifiants

Même les revenants

Aiment les écouter

Histoires et mots d’esprit

Oh, viens nous rapporter


XXIe

Un fait divers
Révolution
Mes yeux sont las
De cette fureur
Ces anges fuient
Courent à leur perte
S’estompent en la rixe sans fin
Et si ce n’est pas déjà fait
Sagesse est de cesser ce siècle

Bonne nuit


L’inommable

Le frisson m’étreint et s’éternise sur ma poitrine Angoisse
Il s’y fait une place et se fond en mon sein
Les personnages de mes lubies oniriques
remplacent cet effroi de solitude
Et enfin je peux poser mes yeux
Sur l’impensable étoile
Plus puissante que nos frayeurs
Et éternelle amie


Génération X

Dans les arbres de nos jeunesses

Nos souvenirs sont des cabanes

Un soupir face à ce vent

Porte les saveurs de nos baisers

Et les parfums de glaces partagées

Ce sont de méandreux refuges

Aux douces blessures du cœur

Revisitées sur pellicule

Ces chauds rubans Super 8

Qui sourient à travers le temps

Et nous rappellent en ronronnant

Chasses aux trésors rafistolés

Sublime époque privilégiée

Alors que nous fuyions la Terre

Dans le carton de nos fusées


Les Délyriques, épisode 2 : Deux têtes sont pires qu’une


Crime odieux à Malsains-Gens-sur -Trichelieu

Voici le premier épisode des « Délyriques ».

Et le lien pour le visionner :